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17/04/2008

Retour à Gorée: un film a ne pas rater

Aujourd'hui j'aimerais vraiment vous convaincre d'aller voir ce film exceptionnel réalisé par Pierre Yves Bourgeaud réalisateur de nombreux documentaires musicaux et qui met en scène la superstar africaine Youssou N'Dour. Celui ci a décidé de revenir sur les traces de ses racines en se rendant sur l'île de Gorée au large du Sénégal (son pays de naissance). Cette île était le point de départ des esclaves en partance de l'Afrique vers les pays d'Amérique et l'Europe tout comme le Castle de Cape Coast au Ghana. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l'île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l'esclavage. Il a emmené dans cette quête plusieurs musiciens dont les américains:  Idris Muhammad, James Cammack (tous deux membres du Amhad Jamal Trio), Pyeng Threadgill et les suisses Moncef Genoud pianiste de Jazz très talentueux (originaire de Tunis) et Grégoire Maret harmoniciste ayant sévi notamment avec Charlie Hunter (l'album Right Now Move) ou Cassandra Wilson (Glamoured CD).

 

La première du Film en France a eu lieu au début du mois et a provoqué une ovation debout du public. Retourner à ses racines et faire un périple digne d'un road movie entre le Sénégal, les Etats unis et finalemnet le retour à Gorée pour un concert exceptionnel tient vraiment plus de l'aventure humaine. Retrouver leurs racines pour les musiciens noirs américains a sans doute provoqué en eux des évènemments qui les ont marqués à tout jamais.

 

Je n'ai pas encore vu ce film qui a d'ores et déjà remporté plusieurs röcompenses en Europe et aux Etats Unis, car malheureusement le nombre de salles dans lesquelles il est sorti est faible. Mais j'ai eu la chance (par hasard de zapping) de tomber sur une retransmission du concert proprement dit et je suis resté en admiration: Youssou N'Dour y chante avec une intensité et une autenthicité qui m'ont tiré des larmes. Les musiciens sont vraiment exceptionnels comme touchés par la grâce lors de cette représentation unique sorte de vibrant hommage à la mémoire des esclaves déportés. Le film est projeté en France dans les départements suivants: 04 34 67 75 91

les séances de cette semaine 

Lire la critique dithyrambique ici 

Une visite virtuelle de l'île de Gorée sur le site de l'UNESCO 

pour en savoir plus les sites des musiciens participant à l'aventure

Pyeng Threadgill 

Grégoire Maret

Idris Muhammad 

James Cammack 

15/04/2008

La fin d'une fausse bonne idée ?

f58ab0b80c5e14392b63838ed646b926.jpgComme vous avez sans doute put le lire ou l'entendre dans les journaux, de nombreux pays notamment africains (Haïti, Nigéria, Burkina Faso, Sénégal...) doivent faire face à des révoltes de la faim. Ainsi nommées car elles ont pour déclencheur principal l'augmentation dramatique du prix des denrées de base pour l'alimentation des plus démunis.

Le problème vient de plusieurs sources mais l'une d'entre elles est la reconversion des surfaces destinées à l'agriculture traditionelle a destination de la fourniture de matières premières pour la fabrication de Bio-carburants. Cette reconversion a eu pour effet pervers une forte diminution des stocks céréaliers pour l'alimentation mondiale et par conséquent une augmentation record du prix de détail. (photo tirée du site du Nouvel Obs tous droits réservés)

Le prix du Riz a augmenté de près de 400% en un an, Il en va de même pour le blé et pour le maïs (La tortillas, aliment de base des mexicains a flambé de plus de 40%).

La demande de bio éthanol (en demande exponentielle) devrait d'ailleurs continuer a faire flamber les prix de plus de 10 % pour l'année prochaine si rien n'est fait d'ici là. Voilà bien un effet terrible de la demande de produits de substitution au pétrole, en croyant régler un problème on en a crée un autre de bien plus grande ampleur. Bien sûr je ne parle pas du rôle inique des marchés spéculatifs qui jouent avec ces crises en investissant a torts et à travers sous couvert de faire fonctionner l'économie. En fait il s'agit surtout de faire fructifier les gains de quelqu'uns au détriment des populations défavorisées.

Alors que faire ? Machine arrière toute sur les bio-carburants ? Probablement la seule solution car à l'heure actuelle la crise alimentaire est telle que des milliers (des millions ?) de vies sont en jeu ! Est ce que l'économie a un coeur ? Est il possible de prendre en compte les difficultées des pays pauvres dans notre conception de nos économies dérégulées ? j'en doute !


un article de perspective sur le site du New York times

Un article du Diplo sur le sujet